Décidément cette pauvre Mme Dati fait dans le politiquement incorrect :
Non contente d'être mère célibataire;
Non contente d'avoir eu l'incivisme d'accoucher dans une maternité privée, choix suscitant la vindicte des
organisations syndicales de l'hôpital public, vl'a-t-il pas qu'elle ajoute à la provocation en décidant, au mépris des "droits des femmes conquis de haute lutte", de réduire son arrêt maternité à
sa plus simple expression, en reprenant le travail 5 jours après sa césarienne !
Les organisations féministes montent au créneau, fustigeant (sic) : "Le très mauvais exemple"
Et du "Collectif national pour les droits des
femmes", au" Planning familial" en passant par le tout en nuance "Chiennes de garde" il n'y a pas de mots assez durs pour condamner le comportement déviant.(cf ci-dessous)
C'est sûr qu'au pays des 35 heures et des RTT rois, le travail est devenu une valeur
virtuelle.
Et que en se démerdant bien, et en cumulant les différents avantages acquis, on peut atteindre des durées de
congés payés incommensurables, avec une grossesse bien "gérée".
Enfin pour celles dont le
statut socio-professionnel le permet:
Car si il y a bien une inégalité d'accès à la prise en charge dans ce grand pays égalitaire, c'est moins entre
"riches et pauvres", comme tous ces cloportes s'en gargarisent, qu'entre salariés et travailleurs indépendants!
Et quand en plus tu as la chance d'être salarié du public ...
PARIS (AFP) - 08/01/09 17:41:
Le congé maternité éclair de Rachida Dati suscite étonnement et critiques:
Le retour au ministère de la justice de Rachida Dati, cinq jours après son accouchement, suscite étonnement ou critiques des féministes, même s'il n'y a
médicalement "pas de contre-indication physiologique" et si certaines pensent qu'elle n'avait "pas le choix".
Mme Dati a donné naissance vendredi dernier par césarienne à une fille, prénommée Zohra, et a repris ses tâches de ministre mercredi, jour même de sa
sortie de la clinique.
Le congé de maternité, pour un salarié, est en France de seize semaines, généralement six avant la naissance et dix après. Mais étant ministre Mme Dati
n'est pas soumise au code du travail, recevant non un salaire mais une indemnité.
"La grossesse n'est pas une maladie", note le Dr Georges-Fabrice Blum, vice-président du collège national des gynécologues obstétriciens (CNGOF), pour qui
il n'y a "pas de contre-indication physiologique" à revenir très vite au travail.
Il souligne aussi que les techniques actuelles de césarienne sont "beaucoup moins invalidantes sur le plan de la reprise du travail" : "on ne referme plus
le péritoine comme avant, la femme dès le lendemain a l'impression d'avoir accouché normalement, les douleurs n'existent quasiment pas". Il prône néanmoins un repos "au minimum de trois semaines
ou un mois".
Les associations féministes craignent un "très mauvais exemple".
"C'est un scandale", dit Maya Surduts, du Collectif national pour les droits des femmes. "Les employeurs peuvent s'en servir, faire une pression
intolérable sur les femmes", dit-elle encore, craignant une incitation à "s'asseoir sur les conquêtes, les acquis", dans une période où ils ont tendance à être "remis en question".
Florence Montreynaud, présidente de l'association des "Chiennes de garde" et mère de quatre enfants, souligne, "scandalisée", que les femmes ont besoin de
ce congé "pour se reposer". Historienne, elle rappelle les luttes pour le congé de maternité. "Dopée à l'adrénaline du pouvoir", la ministre reproduit "l'exploit monstrueux des ouvrières des
années 20, dont 20% accouchaient à l'usine". Elle regrette qu'une telle attitude divise le monde des femmes en "superwomen" et "mauviettes".
Marie-Pierre Martinez, secrétaire générale du Planning familial, regrette que l'on fasse "porter le chapeau" à Rachida Dati. Dans une société où les
normes restent "très masculines", elle "n'avait pas le choix", dit-elle : "elle jouait la poursuite de sa carrière" car dans les sphères du pouvoir "l'absence équivaut à une manière de se mettre
hors du système".
"C'est un peu triste, un bébé a besoin de l'odeur et du son de sa mère", souligne une jeune mère, Maïwenn. "Elle a un poste hyper important, elle n'a pas
le choix si elle veut le garder", convient-elle. Evidemment, "elle ne s'occupe pas de son bébé la nuit, elle serait trop fatiguée le jour, et elle ne l'allaite pas ce qui est la seule chose qui
me choque", ajoute-t-elle.
La commission européenne vient de proposer d'allonger à 18 semaines les congés de maternité, y voyant "un investissement permettant aux Européens de mieux
organiser leurs vies".
Le cas de Mme Dati n'est pas unique.
Ségolène Royal, ministre de l'environnement quand elle avait accouché en 1992, était elle aussi revenue très vite à son ministère. Sarah Palin, qui n'était pas encore colistière du
candidat républicain aux présidentielles américaines John McCain, a repris ses fonctions de gouverneur de l'Alaska quatre jours après la naissance de son 5ème enfant, en avril 2008.
Tout récemment, la ministre espagnole de la défense Carme Chacon s'est en revanche octroyé six semaines de congés.